Analyse du vote sur les motions et du congrès fédéral.

By chouka

communiqué S&D31

Les socialistes haut-garonnais ont voté. Aucune majorité ne s’est dégagée du scrutin.

Au niveau national, la motion de Ségolène Royal sort première avec moitié moins de voix que lors de son investiture. Au niveau départemental, la motion de Bertrand Delanoé arrive également première mais, contre toute attente, avec seulement 29 % des voix. Dans les deux cas, la motion de Martine Aubry arrive en seconde position.

L’heure est désormais à la responsabilité pour que ce congrès ne soit pas celui de socialistes qui parlent aux socialistes mais celui d’un message d’unité que l’on se doit de proposer aux français. Le congrès de Reims ne doit donc pas ressembler à celui de Rennes et ses déchirements, ni à celui du Mans et sa synthèse inefficace. Il faudra donc trouver la voie d’une unité et d’une majorité qui rassemble ceux qui entendent le message de la rénovation et du rejet de la présidentialisation indiqué par les adhérents.

En Haute-Garonne, anticipant sur le résultat de Reims, la motion de Bertrand Delanoë a mûri un accord « technique » (en d’autres temps on aurait dit un accord d’appareil) avec celle de Benoît Hamon et autour d’un candidat à la tête de la fédération du PS. Cette logique, exclusive, est surprenante après le souhait de clarté exprimé maintes fois par le maire de Paris et celui de la rénovation scandé par les adhérents. Elle déboussole d’ailleurs nombre de ceux qui pensaient avoir voté sincèrement en connaissance de cause pour l’une de ces motions, persuadés des alternatives réelles qui les séparaient durant nos débats.

Je crains que cet épisode hypothèque fortement l’avenir et le souci de rassemblement nécessaire à notre futur collectif. La sagesse aurait réclamé d’attendre le résultat du congrès national. Ce n’est en effet que sur la base de ses conclusions que se construira l’issue cohérente que nous appelons de nos vœux. Pour notre fédération comme au niveau national, ce qui est en jeu à travers le choix de notre futur(e) responsable est celui de la cohérence tant réclamée dans nos débats. Elle est la base de notre stabilité future, du respect des adhérents et, finalement, de notre image aux yeux des français. Il n’est pas encore trop tard pour corriger l’erreur de trajectoire et proposer tout simplement la voie de la raison démocratique : celle d’un nouveau compromis qui soit le gage du rassemblement.

Hugues Bernard, Membre du conseil fédéral


message de Benoît Mulkay

Pour moi, ce qui s’est passé au Congrès fédéral : c’est le retour catastrophique aux pratiques de la SFIO avec une alliance de la motion A (29.7%) avec la motion C (22.8 %) !!! C’est le conservatisme du pouvoir sortant qui veut sauvegarder ces postes avec les gauchistes qui donnent des leçons à tout le reste du parti, mais qui trouvent la soupe très alléchante quand il s’agit d’y gouter et d’en profiter. Soit l’alliance des libéraux-socialistes pro-traités européens, avec l’aile gauche du parti anti-traités européens qui vont gouverner le parti avec tout juste la majorité dans les instances (52.5 %).

On disait qu’il fallait gagner le congrès à gauche pour ensuite gouverner au centre avec tous les renoncements possibles. En Haute-Garonne, on va encore et toujours refaire cela. On n’aura pas de renouveau cette fois-ci et le parti restera englué dans la distributions des postes et des prébendes. Nous qui voulions rassembler le parti en discutant avec les uns et les autres sur un positionnement politique clair, on est servi … Voilà pourquoi je serai dans l’opposition au sein du parti pour les quelques années qui viennent, mais je resterai un observateur critique et vigilant des pratiques locales et nationales, même si on ne sait comment le parti va sortir de cet émiettement des positions.

Au niveau national, cela me rappelle la période 1990 – 1995 avec une instabilité très forte au niveau de la direction nationale qui va se profiler. Les résultats nationaux montrent qu’ il ne peut y avoir d’alliance à 2 (avec 55 % des votes au mieux), ce serait une marge trop faible. Donc il faut 3 grandes motions : la question est de rayer la motion « manquante » dans la coalition. Faites votre choix… A moins que l’on n’entonne tous le chant de la synthèse molle avec tout le monde autour de la table, ce qui serait encore plus ridicule !

Amitiés à tous Benoît Mulkay


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